История французского языка Мультимедийное сопровождение курса лекций Для студентов 2 и 5 курсов факультета иностранных языков.

Презентация:



Advertisements
Похожие презентации
La RENAISSANCE. Histoire Géographie Histoire de la France Géographie de la France Histoire des beaux-arts.
Advertisements

La famille française aujourd`hui En un demi-siècle, la famille française a accompli une véritable révolution: Déclin du mariageDéclin du mariage Croissance.
©Egorova Tatiana Viacheslavovna, maîtresse de la langue française à lécole 600.
Le Continent Européen - Q- Qu'est ce que l'Europe? - Q- Quelles sont ses limites? Le nom du continent européen vient du monde grec et de sa culture. Selon.
Le progrès technologique : Automobile. Qu'est-ce que le progrès technologique ? L'utilisation des progrès les plus récents de la science et de la technique.
. La capitale de la France, Paris, est célèbre par ses musées et les précieuses collections d`art qu`ils renferment.
БОГДАНЮК ЛЮДМИЛА СЕРГЕЕВНА. НОВО-ХАРИТОНОВСКАЯ СРЕДНЯЯ ШКОЛА 10. БОГДАНЮК ЛЮДМИЛА СЕРГЕЕВНА УЧИТЕЛЬ ФРАНЦУЗСКОГО ЯЗЫКА 2008 Г.
La capitale de la France, Paris, est célèbre par ses musées. Un des meilleurs musées du monde Le Louvre.
Dans loriginal le nom de la région signifiait La Colline des martyrs quaujourdhui provôque le sourire, puisque il commence par le quartier vaste des institutions.
1 Méthodologie des systèmes dinformation Chapitre 5 MCD.
Une ville mystérieuse: une vue dans le passé Nikiforova Marie Zenkov Alexander.
La capitale de la France, Paris, est célèbre par ses musées et les précieuses collections dart quils renforment. Le Musée du Louvre, le Musée des Beaux-
But: faire le plan d'analyse d'un tableau. Questions: réviser le lexique lié au thème de la leçon; relever les éléments principaux d'analyse d'un tableau;
je suis resté nous sommes allés elles sont partis il a voyagé tu es sorti.
La découverte du Quartier Latin. Le Quartier Latin est le quartier des écoles Le Quartier Latin se situe sur la rive gauche de la Seine. Il sappelle comme.
Notre-Dame de Paris. Notre-Dame de Paris, pour les Parisiens Notre-Dame, est la cathédrale de l'archidiocèse catholique de Paris.
Projet du parc d`attractions à Mitino Le sujet de notre projet cest la construction du parc dattractions à Mitino. Pourquoi est-ce que nous lavons choisi.
Nathalie Lebedeva 10 il. Le musée dOrsay est un musée national situé à Paris, sur la rive gauche de la Seine. Il a ouvert ses portes en 1986 et maintenant,
La coalition antihitlérienne Работу выполнила ученица 11 «В» класса Осипова Дарья. Учитель: Калинина О.Е.
La capitale de la France, Paris, est célèbre par ses musées. Un des meilleurs musées du monde Le Louvre.
Транксрипт:

История французского языка Мультимедийное сопровождение курса лекций Для студентов 2 и 5 курсов факультета иностранных языков

Составитель: Лаврентьева Татьяна Владимировна, кандидат филологических наук, доцент кафедры французского языка, теории и методики обучения французскому языку Орского гуманитарно-технологического института (филиала) ГОУ ВПО «Оренбургский государственный университет»

L histoire de la langue française

Sommaire: Cours 1. L'expansionnisme linguistique du monde romain Cours 2. La période gallo-romane (La «langue romane rustique») (VIe - IXe siècle) Cours 3. La période féodale : Lancien français (IXe - XIIIe siècle) Cours 4. Le moyen français : Une période sombre (XIVe et XVe siècles) Cours 5. La Renaissance: L'affirmation du français (XVIe siècle) Cours 6. Le français au Grand Siècle ( ) Cours 7. Le français au siècle des Lumières ( ) Cours 8. La Révolution française: la langue nationale ( ) Cours 9. Le français contemporain

Содержание: Лекция 1. Лингвистическое влияние латинского языка Лекция 1. Лингвистическое влияние латинского языка Лекция 2. Галло-романский период (VI-IX в.в.) Лекция 2. Галло-романский период (VI-IX в.в.) Лекция 3. Феодальный период. Старофранцузский язык (IX–XIII в.в.) Лекция 3. Феодальный период. Старофранцузский язык (IX–XIII в.в.) Лекция 4. Среднефранцузский язык (XIV и XV в.в.) Лекция 4. Среднефранцузский язык (XIV и XV в.в.) Лекция 5. Эпоха Возрождения (XVI в.) Лекция 5. Эпоха Возрождения (XVI в.) Лекция 6. Французский язык в период г.г. Лекция 6. Французский язык в период г.г. Лекция 7. Французский язык в период г.г. Лекция 7. Французский язык в период г.г. Лекция 8. Великая Французская революция: формирование национального языка ( г.г.) Лекция 8. Великая Французская революция: формирование национального языка ( г.г.) Лекция 9. Современный французский язык

Cours 1. L'expansionnisme linguistique du monde romain L'expansionnisme linguistique du monde romain

Questions à étudier: 1. Les origines latines 2. La Gaule romaine 3. Les méthodes romaines de latinisation 4. Les grandes invasions germaniques et le morcellement du latin 4. Les grandes invasions germaniques et le morcellement du latin

1. Les origines latines Bien avant l'arrivée des Romains, soit au début de l'age du fer (entre le VIIIe et le VIe siècle avant notre ère), la civilisation celtique, originaire de ce qui est aujourd'hui l'Allemagne du Sud et la France du Nord-Est, s'était implantée en Autriche, dans l'est de la France, en Espagne et dans l'оle de Grande- Bretagne.

C'est également à cette époque que s'établirent les relations commerciales entre les Celtes et les peuples de la Méditerranée.

Entre 1000 et 500 avant notre ère, l'Italie était habitée par trois types de peuples différents: les étrusques (un peuple d'Asie mineure) au nord de Rome, les Grecs au sud de Rome et en Sicile, ainsi qu'un grand nombre d'ethnies latines: Vénètes, Samnites, Osques, Ombriens, Sabins, Péligniens, Lucaniens, Bruttiens, Volsques, etc.

Les ethnies latines et les langues italiques

Les étrusques fondèrent Rome en -753 avec une coalition de Romains et de Sabins. Cette petite bourgade prit de l'expansion et repoussa les Celtes d'Italie du Nord qui furent finalement soumis par ceux qui étaient devenus les Romains au IIe siècle (avant notre ère); la Gaule Transalpine (la majeure partie du sud de la France) fut soumise par Jules César (IIe siècle avant notre ère), et la majeure partie de la Bretagne passa sous domination romaine au Ier siècle de notre ère.

En somme, Rome devint un empire colossal qui, en l'an 200 de notre ère, s'étendait de la Grande-Bretagne en passant par l'Europe, puis jusquа l'Arabie, l'Arménie et toute lAfrique du Nord (d'est en ouest: Aegyptus, Cyrenaica, Numidia, Africa, Mauretania).

L'Empire romain en 120

On peut consulter une carte plus précise des provinces romaines vers 120 de notre ère.

Pour administrer ce vaste empire, Rome s'inspira de la pratique grecque et établit, en 286, deux chancelleries: l'une d'expression latine а Rome, pour l'Occident, l'autre d'expression grecque а Constantinople, pour l'Orient. L'Empire romain se trouva donc partagé en deux : un empire latin et un empire grec.

2. La Gaule romaine Entre 58 et 51 avant notre ère, Jules César, alors consul, entreprit la conquète du nord de la Gaule avec ses 11 légions (6000 hommes par légion): ce fut la célèbre «guerre des Gaules».

César réorganisa ensuite l'ensemble de la Gaule transalpine qu'il divisa en quatre provinces : la Narbonnaise (ex- Provincia), l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique. La plus ancienne province, la Gaule narbonnaise, était une province «sénatoriale», alors que les trois autres étaient des provinces «impériales».

La conquête des «Trois Gaules» (Aquitaine, Lyonnaise et Belgique) intervint une soixantaine d'années après la fondation de la Provincia (la Gaule narbonnaise), la Gaule étant entièrement conquise en 51 avant notre ère.

Les peuples soumis Lorsque les Romains ont conquis la Gaule, ils y trouvèrent plusieurs peuples qui parlaient des langues différentes, dont le gaulois, mais aussi le grec, l'ibère, le ligure et le germanique.

А l'époque de la conquête romaine par César (58-51), les Gaulois occupaient tout le nord et le sud-ouest de la Gaule, mais ils étaient moins présent dans le Sud, alors une colonie romaine (la Provencia Romana). On pouvait dénombrer près d'une centaine de peuples gaulois, mais les Romains n'en avaient recensé formellement que 44.

Les peuples gaulois par département actuel

On distinguait néanmoins les Belges (en Belgique), les Armoricains (en Armorique), les Aquitains (en Aquitaine) et les Gaulois proprement dits et appelés «Gaulois chevelus» parce qu'ils habitaient la Gallia comata ou «Gaule chevelue. Les éduens, Bituriges, Séquanes, Arvernes, Lingons, Carnutes, Cadurques, etc., faisaient partie des «Gaulois chevelus».

La langue des Gaulois En somme, le territoire gaulois conquis par les Romains renfermait surtout des Gaulois, mais aussi des Grecs, des Ligures, des Ibères et des Aquitains, des Germains (le long du Rhin) et, bien sur, des colons romains. La Gaule était alors peuplée d'une dizaine de millions d'autochtones et par environ colons, fonctionnaires et soldats originaires de l'Italie, surtout dans la Gaule narbonnaise et la ville de Lyon (Lugdunum). Or, tout ce beau monde va changer de langue et passer progressivement au latin entre le IIe siècle et le Ve siècle.

3. Les méthodes romaines de latinisation Les Romains implantèrent partout leur système administratif et transformèrent profondément les peuples conquis. Ils n'imposèrent pas vraiment le latin aux vaincus; ils ignorèrent simplement les langues «barbares» et s'organisèrent pour que le latin devienne indispensable pour les élites locales.

Parallèlement à la langue classique réservée а l'aristocratie et aux écoles, il s'était développé un latin plus «populaire», essentiellement oral, dont les colorations régionales étaient certes relativement importantes en raison des contacts entre vainqueurs et vaincus de l'Empire.

Les facteurs de latinisation 1) Le latin: langue de la promotion sociale 2) La langue de la puissance financière 3) La langue de larmée 4) Les colonies de peuplement 5) Un réseau routier efficace 6) L'écriture latine 7) Le début des invasions germaniques 8) La christianisation 9) Le latin oral et le bilinguisme

Le bilinguisme Tout l'Empire romain connut une longue période de bilinguisme latino-celtique ou, selon le cas, latino-germanique ou gréco- latin, qui commença dans les villes pour gagner plus tard les campagnes. Mais l'implantation du latin ne s'est pas faite partout en même temps.

Vers le Ve siècle, au moment de la dislocation de l'Empire romain, le gaulois était pour ainsi dire disparu, mais il est possible qu'il ait été employé par de petites communautés durant près d'une centaine d'années dans les régions très éloignées de l'Empire.

En même temps, les Gallois en Grande- Bretagne, les Basques en Espagne et en France, les Berbères en Afrique, les Arméniens, les Albanais, les Juifs en Orient et plus tard les Bretons en Bretagne furent chargés de la police locale, et purent ainsi utiliser leur langue comme instrument véhiculaire.

4. Les grandes invasions germaniques et le morcellement du latin C'est cette année de 375 que lon considère comme marquant le début des grandes invasions et le commencement de la dislocation de l'Empire romain menacé de toutes parts dans ses frontières.

La victoire des «barbares» Les transferts de population des peuples germaniques étaient appelés par les Romains des «invasions barbares», mais ces derniers les considéraient comme de simples mouvements migratoires En 395, а la mort de l'empereur Théodose, l'Empire romain fut partagé en deux: l'Orient revint а Flavius Arcadius ( ), l'Occident а Flavius Honorius ( ). L'unité de l'Empire était définitivement brisée, alors que celui-ci était divisé entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient

On peut consulter une grande carte illustrant l'implantation en l'an 480 des empires germaniques en Europe de l'Ouest. Pour sa part, l'Empire romain d'Orient devait survivre jusqu'en 1453.

Les suites de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident En cette fin du Ve siècle, l'Empire romain d'Occident se trouvait morcelé en une dizaine de grands royaumes germaniques. Mais la plupart de ces royaumes ne purent constituer d'états durables, а l'exception de ceux des Francs et des Anglo-Saxons.

Quoi qu'il en soit, ces invasions germaniques ont contribué а bâtir l'Europe moderne, notamment en raison de certains rois francs, dont Clovis, qui allait fonder le Royaume franc et imposer le catholicisme, ainsi que Charles Ier des Carolingiens, mieux connu sous le nom de Charlemagne.

Morcellement du latin Du point de vue linguistique, l'effondrement de l'Empire romain d'Occident accéléra le processus de morcellement du latin parlé ou vulgaire (populaire) amorcé dès le IIe siècle. Si bien qu'au VIIe siècle la situation linguistique était extrêmement complexe dans lancienne Gaule romaine :Empire romain d'Occident

les langues germaniques étaient devenues indispensables aux populations qui voulaient jouer un rôle politique puisque tous les rois ne parlaient que des langues germaniques; le latin classique n'était plus utilisé que pour les écrits et les peuples gallo- romains ne le parlaient plus; la langue parlée par les Gallo-Romains était un «latin chrétien», strictement oral, relativement éloigné du latin classique et soumis par surcroît aux variations géographiques particulières.

Les invasions des Ve et VIe siècles se soldèrent en effet par la romanisation (tant la latinisation que la christianisation) des paysans francs et wisigoths sur l'ensemble du territoire gallo-romain. Seule l'aristocratie franque continuera d'utiliser sa langue germanique jusqu'а l'avènement de Hugues Capet en 987.

Aussitôt installés en Gaule, les Germains ont adopté les systèmes administratif et fiscal romains, puis ils ne tardèrent pas а se christianiser, ce qui ne pouvait que favoriser la propagation du latin tel qu'il était parlé а l'époque.

Questions à répondre: Enumérez les langues italiques et non- italiqes Pourquoi lempire romain se trouvait-il partagé en deux: un empire latin et un empire grec? Qui et pour quel but a réorganisé la Gaule romaine? Enumérez les méthodes romaines de latinisation Quel est le résultat des invasions barbares?

Cours 2 La période gallo-romane (la «langue romane rustique») (VIe - IXe siècle) La période gallo-romane (la «langue romane rustique») (VIe - IXe siècle)

Questions à étudier: 1. La suprématie franque et la germanisation du roman rustique 1. La suprématie franque et la germanisation du roman rustique 2. L'Empire carolingien et la naissance du plus ancien français 2. L'Empire carolingien et la naissance du plus ancien français 3. Les conséquences linguistiques 4. L'état de la langue romane rustique

1. La suprématie franque et la germanisation du roman rustique Les Francs ont soumis presque toute l'Europe romanisée à l'autorité de quelques monarques. Clovis était le premier roi à parler le germanique (et non plus le latin), plus précisément le francique.

Après une période de bilinguisme germano- latin, la plupart des colonies francs se sont latinisé, mais pas l'aristocratie franque qui continuait d'employer sa langue. Quatre formes de francique sont parlées: le francique mosellan; le francique rhénan; le francique ripuaire; le francique luxembourgeois. Le francique parlé dans le nord-est de la France est devenu un vestige linguistique des Francs qui ont fondé la France.

Les variétés du francique

La cohabitation linguistique du francique et du roman rustique entraîna de profonds bouleversements linguistiques. Ces changements sont d'ordre phonétique, morphologique, syntaxique et lexical.

La phonétique L'introduction du [w] germanique traité comme le [v] latin qui est devenu une gutturale comme dans guerre (< francique werra) Des mots latins comme huit (< octo), huis (< ostium, d'où huissier) etc., doivent leur [h] initial à une ancienne prononciation germanique utilisée dans des mots comme hangar, hareng, etc.

La morphologie et la syntaxe Les finales -and, -ard, -aud, -ais, -er et -ier sont d'origine francique, aussi quun assez grand nombre de verbes en -ir du type choisir, jaillir, blanchir, etc. La syntaxe germanique exerçait une influence assez importante, comme l'atteste le fait de faire placer le sujet après le verbe lorsqu'un complément ou adverbe précède celui-ci. Par exemple, lendemain manda le duc son conseil pour le duc appela le lendemain son conseil.

Le vocabulaire Le français ne doit au francique que quelques centaines de mots. Notamment dans les domaines de la guerre, l'ornementation, la nourriture, l'agriculture, etc., sans oublier les adjectifs de couleurs (bleu, gris, brun, blanc) et de quantité (guère, trop, etc.)

2. L'Empire carolingien et la naissance du plus ancien français Lorsque le royaume des Francs passait aux mains de Charlemagne en 760 (dynastie des Carolingiens), celui-ci est entreprit la réimplantation de l'ancien Empire romain. Son royaume s'étendait du nord de l'Espagne jusqu'aux limites orientales de l'Allemagne actuelle, de lAutriche et de la Slovénie

А la mort de Charlemagne en 814, et après celle de son fils, Louis le Pieux en 840, ses petits-fils Charles dit le Chauve et Louis dit le Germanique scellèrent une alliance contre leur frère aîné, Lothaire, par les Serments de Strasbourg (842).

Le texte complet des Serments de Strasbourg était écrit en latin, mais de courts extraits sont rédigés en deux versions: l'une en roman (proto-français) et l'autre en germanique ou tudesque (francique rhénan). Une telle situation d'échange linguistique signifie certainement que les deux langues étaient comprises par les aristocraties franques.

Le traité de Verdun de 843 marquait le début de la dissolution de l'empire de Charlemagne, consacrant ainsi sa division qui s'avèrera définitive. Le traité divisait le royaume de Charlemagne en trois états: Charles II (dit «le Chauve») reçut la partie ouest de l'Empire franc la Francie occidentale (ce qui est devenu la France), Louis Ier (dit «le Germanique»), la partie est la Francie orientale ou Germanie, et Lothaire Ier, la partie du centre, la Francie médiane, c'est-à- dire la Lotharingie.

Après la mort de Lothaire (en 855), la Lotharingie sest affaiblit très rapidement et est devenu l'enjeu de rivalités incessantes entre la France et la Germanie. Elle rassemblait des aires linguistiques germaniques au nord (Belgique flamande, Pays-Bas, Luxembourg) et romanes pour le reste.

3. Les conséquences linguistiques Etant donné que les contacts entre les régions et les divers royaumes wisigoth, ostrogoth, burgonde, alaman, vandale, etc., étaient devenus peu fréquents, les divergences linguistiques se sont accentuées de plus en plus et ont donné naissance à des idiomes romans distincts.

La lingua romana rustica, ou «langue romane rustique», parlée dans le nord de la France (royaume des Francs), est devenue différente de celle parlée dans le sud du pays et en Espagne (royaume des Wisigoths), de celle parlée en Italie (royaume des Ostrogoths), etc.royaume des Francsroyaume des Wisigothsroyaume des Ostrogoths

4. L'état de la langue romane rustique Au 1er siècle, le latin possédait un système vocalique de cinq voyelles simples, mais chacune de ces voyelles pouvait être longue ou brève, la durée étant un trait phonologiquement pertinent. Quant au système consonantique, il comprenait 18 phonèmes; à part la lettre [h]. Toutes les consonnes écrites se prononçaient en latin classique, et ce, peu importe leur place (initiale, médiane, finale) dans le mot.

Les consonnes Les principales transformations consonantiques sont les suivantes: la disparition du -m final de l'accusatif latin, la disparition du [h] et sa réintroduction germanisante, le maintien des consonnes en position forte et leur affaiblissement en position faible par la palatalisation, lintroduction les constrictives dentales [θ] et [δ] sous l'influence du francique.

Les voyelles la syllabe accentuée se trouve en position de force les voyelles initiales sont en position de force les voyelles [i], [u] et [a] sont particulièrement résistantes toutes les voyelles finales sont disparu, sauf [a] qui devient un [ə] sourd avant de devenir un [ə] muet dans la langue parlée les voyelles situées а l'avant-dernière syllabe (la pénultième) disparaissent la diphtongaison (deux voyelles prononcées en une seule émission) des voyelles [e] et [o]

Une grammaire simplifiée le latin était une langue à déclinaison, qui variait selon le genre du substantif. On comptait trois genres (le masculin, le féminin et le neutre) et cinq types de déclinaison le latin a perdu le neutre qui a été absorbé par le masculin

Le vocabulaire Le latin a emprunté un certain nombre de mots gaulois à l'époque des conquêtes romaines. alouette < alauda bouc < bucco boue < bawa quai < caio sapin < sappus suie < sudia talus < talo

Le fonds gréco-latin Voici quelques exemples de provincialismes issus du latin vulgaire, et qui ont même fini par supplanter les termes du latin classique: caput > testa («crâne», «tête») mares > masculi («masculin») pueros > infantes («enfants»)

Questions à répondre: Quest-ce que cest que la langue romane rustique? Qui a écrit les Serments de Strasbourg? Quest-ce que cest que la diphtongaison? Combien de genres comptait le substantif latin? Les mots de quelle langue composaient le fonds roman?

Cours 3 La période féodale : Lancien français (IXe - XIIIe siècle) La période féodale : Lancien français (IXe - XIIIe siècle)

Questions à étudier: 1 La naissance du français 2 L'état de l'ancien français 3 La dominance culturelle du latin

Les caractéristiques principales du régime féodal sont le morcellement et la fidélité. Le morcellement du pays et la constitution de grands fiefs, eux-mêmes divisés en une multitude de petits fiefs. Chacun vivait par ailleurs relativement indépendant dans son fief, sans contact avec l'extérieur. Dans un tel système, la monarchie demeurait а peu près sans pouvoir.

1. La naissance du français On situe la naissance du français vers le IXe siècle, alors que cest le Xe ou le XIe siècle pour l'italien, l'espagnol ou l'occitan.

Mais ce français naissant n'occupait encore au IXe siècle qu'une base territoriale extrêmement réduite et n'était parlé que dans les régions d'Orléans, de Paris et de Senlis (voir les zones en rouge sur la carte) par les couches supérieures de la population.

Le peuple parlait, dans le Nord, diverses variétés d'oïl: le françois dans la région de l'Ile-de-France, mais ailleurs c'était le picard, l'artois, le wallon, le normand ou l'anglo-normand, l'orléanais, le champenois, etc. Les rois de France parlaient le francique (une langue germanique) tout en utilisant le latin comme langue seconde pour l'écrit.

А cette époque, les gens du peuple étaient tous unilingues et parlaient l'un ou l'autre des nombreux dialectes alors en usage en France. Dans le Sud, la situation était toute différente: les variétés d'oc, plus proches du latin, étaient florissantes (occitan, provençal, languedocien, gascon)

Quant aux langues franco-provençales du Centre-Est, elles correspondaient plus ou moins à des anciennes possessions des Burgondes.langues franco-provençales

Ce que nous appelons aujourd'hui l'ancien français correspondait à un certain nombre de variétés linguistiques essentiellement orales, hétérogènes géographiquement, non normalisées et non codifiées.

Les dialectes se multipliaient et se divisaient en trois grands ensembles assez nettement individualisés, comme on les retrouve encore aujourd'hui: les langues d'oïl au nord, les langues d'oc au sud, le franco-provençal en Franche-Comté, en Savoie, au Val-d'Aoste (Italie) et dans l'actuelle Suisse romande.

Voici un texte d'ancien français rédigé vers 1040 et extrait de La vie de saint Alexis. Il faut savoir que la graphie était relativement phonétique et qu'on prononçait toutes les lettres Ancien français 1. quer feit iert e justise et amur, 2. sur tuz ses pers l'amat li emperere. 3. puis converserent ansemble longament, 4. e deu apelent andui parfitement: Français contemporain 1. Car il y avait foi et justice et amour, 2. L'empereur le préféra à tous ses pairs. 3. Puis ils parlèrent ensemble longuement. 4. Tous les deux ils en appellent à Dieu parfaitement

Au cours du XIIe siècle, on commençait à utiliser le «françois» à l'écrit, particulièrement dans l'administration royale. C'est au XIIIe siècle qu'apparurent des oeuvres littéraires en «françois».

2. L'état de l'ancien français 2.1 Le système phonétique

L'ancien français présentait un système phonétique de transition très complexe, qui ne devait pas durer. Il possédait de nombreux sons ignorés aussi bien du latin et du roman que du français moderne.

La prononciation des consonnes le -t final s'est prononcé [θ] (comme le th sourd de l'anglais) jusqu'à la fin du XIe siècle tous les -s du pluriel se faisaient entendre la lettre finale -z des mots tels amez (aimez), chantez, dolz (doux) avait la valeur de l'affriquée [ts] la lettre -l était mouillée (palatalisée) en [λ] en fin de mot: il = [iλ], peril = [periλ] la prononciation d'un [h] dit «aspiré» dans des mots d'origine francique comme honte, haine

L'un des traits caractéristiques de cet état de langue ancien résidait dans la présence des consonnes affriquées. Au nombre de quatre, elles correspondaient aux sons [ts], [dz], [tch] et [dj] comme dans djihad. Dans la graphie, elles étaient rendues respectivement par c (devant e et i) et -z en finale, par z à l'intérieur du mot, par ch, et par g (devant e et i) ou j (devant a, o, u).

LettresSonAncien françaisPrononcia- tion Français moderne c + i c + e -z [ts] cire place amez marz [tsirə] [platsə] [amèts] [marts] cire place aimez mars -z-[dz]treize raizon [treidzə] [raidzon-n] treize raison g + e g + i j + a j + o j + u [dj]gesir argile jambe jugier [djézir] [ardjilə] [djam-mbə] [djudjjèr] gésir argile jambe juger ch-[tch]chief sache riche [tchièf] [satchə] [ritchə] chef sache riche

La prononciation des voyelles 9 voyelles orales: [i], [é], [è], [a], [o], [т], [ou], [u], [ə] - 5 voyelles nasales: [an], [ein], [in], [oun], [un] - 11 diphtongues orales: [ie], [ue], [ei], [тu], [ai], [yi], [oi], [au], [eu], [иu], [ou] - 5 diphtongues nasalisées: [an-i], [ein-i], [i-ein], [ou-ein], [u-ein] - 3 triphtongues: [ieu], [uou], [eau]

La grammaire Au plan morpho-syntaxique, l'ancien français conservait encore sa déclinaison à deux cas et l'ordre des mots demeurait assez libre dans la phrase, généralement simple et brève. Jusqu'au XIIIe siècle, les deux cas de l'ancien français sont les mêmes que pour la période romane: le cas sujet (CS) et le cas régime (CR) issu de l'accusatif latin.

Déclinaison I: CS (cas sujet) CR (cas non sujet) li murs (le mur) le mur (le mur) li mur (les murs) les murs (les murs) Déclinaison II: CS (cas sujet) CR (cas non sujet) li pere (le père) le pere (le père) le pere (les pères) les peres (les pères) Déclinaison III: CS (cas sujet) CR (cas non sujet) li cuens (le comte) le comte (le comte) li comte (les comtes) les comtes (les comtes)

L'article Les articles en ancien français se déclinaient comme les noms en CS et CR, au masculin comme au féminin. Alors qu'en français moderne, on a l'opposition le / la / les, l'ancien français opposait li / le (masc.), la (fém.) et les (plur.).

Article défini MASCULINFéMININ SingulierPlurielSingulierPluriel CSli lales CRleles

Article indéfini MASCULINFéMININ SingulierPlurielSingulierPluriel CSuns uneunes CRun

L'emploi du genre La déclinaison féminine en -as a donné des mots du genre féminin en français: rosam > rose / rosas > roses. Les pluriels neutres latins en -a ont également donné des mots au féminin en français: folia > feuille; arma > arme. Les mots masculins latins en -is sont devenus masculins en français: canis > chien; panis> pain; rex/regis > roi. Les noms latins terminés en -er sont aussi devenus masculins: pater > père; frater > frère; liber > livre.

Les verbes au lieu de l'infinitif en -er (issu du latin des verbes en -are, par exemple dans cantare > chanter), on employait celui en –ir: abhorrir, aveuglir, colorir, fanir, sangloutir, toussir, etc. l'ancien français a fait disparaître certains temps verbaux du latin: le plus-que-parfait de l'indicatif (j'avais eu chanté), le futur antérieur (j'aurais eu chanté), l'impératif futur, l'infinitif passé (avoir eu chanter), l'infinitif futur (devoir chanter). l'ancien français a créé deux nouvelles formes: le futur en -rai et le conditionnel en -rais.

La phrase La phrase de l'ancien français ressemble relativement à celle du français moderne dans la mesure où elle respecte l'ordre sujet + verbe + complément avec certaines différences.

3. La dominance culturelle du latin De fait, le Moyen Age était une époque de la traduction des oeuvres rédigées en latin. Or, ces traductions étaient très importantes, car elles ont introduit une quantité impressionnante de mots savants issus du latin biblique, surtout à partir du XIIe siècle.

des noms de peuples juifs ont été francisés: israelite, philistin, sodomite, etc. de nombreux mots grecs sont passé au français dans les traductions du Nouveau Testament: ange, cataracte, Christ, église, synagogue, holocauste, orphelin, paradis, patriarche, prophète/prophétesse, psaume, psautier, scandale, etc. les latinismes passent au français par les traductions de la Vulgate: abominer, abomination, abominable, adorer, arche, circoncision, confondre, confusion, consommer, consommation, contrition, convertir, déluge, etc. dans la Bible historiale complétée (vers ) de Guyart des Moulins, on peut relever plusieurs doublets pour traduire un même mot latin, l'un provenant du latin biblique (lingua latina), l'autre du «françois» vulgaire (lingua gallica)

C'est au cours de cette période de l'ancien français que commençe la latinisation à l'excès et qui atteint son apogée au XVe siècle, avec le moyen français.

Questions à répondre: Montrez sur la carte les territoires parlants la langue doil (la langue doc) Caractériser le système vocalique de lancien français Caractériser le système cocnsonantique de lancien français Caractériser le système grammatical de lancien français Illustrez le vocabulaire de lancien français

Cours 4 Le moyen français : Une période sombre (XIVe et XVe siècles) Le moyen français : Une période sombre (XIVe et XVe siècles)

Questions à étudier: 1 L'emploi du français dans les actes officiels 1 L'emploi du français dans les actes officiels 2. L'état du moyen français

Avec les XIVe et XVe siècles, s'ouvre une période sombre pour la France, qui sombrait dans un état d'anarchie et de misère. C'est l'une des époques les plus agitées de l'histoire de ce pays au point de vue sociopolitique: guerre de Cent Ans avec l'Angleterre, guerres civiles, pestes, famines, etc.

1. L'emploi du français dans les actes officiels Dès l'époque de Philippe le Bel ( ), on avait commencé à employer plus ou moins régulièrement le «françois» au lieu du latin dans les actes officiels, dans les parlements régionaux et à la chancellerie royale.

La guerre de Cent Ans affaiblit la monarchie française, qui a perdit plusieurs provinces (Bretagne, Normandie, Guyenne, Gascogne, etc.) au profit de l'Angleterre.

En 1490, Charles VIII ( ) a prescrit une ordonnance pour imposer l'usage du «langage François» ou «maternel». À partir du milieu du XVe siècle, le français comme langue administrative s'est introduit partout en Occitanie, sauf à Avignon, qui servait alors de résidence pour les papes.

Au milieu du XVe siècle, si les divers parlements régionaux de Toulouse (1444), de Bordeaux (1462) et d'Aix- en-provence (1501) continuaient de rédiger leur arrêts en latin, ils tenaient leurs registres en français.

Dans la pratique, l'occitan demeurait la seule langue parlée dans la vie quotidienne des gens, sauf pour ceux qui pratiquaient le droit, ainsi que les clercs, les ecclésiastiques, certains marchands et des nobles, qui tous devaient s'exprimer aussi en français.

Le prestige de l'Université de Paris avait attiré non seulement un auditoire couvrant toute la France, mais également un auditoire international, car au milieu du XIVe siècle près de la moitié des étudiants venaient hors de France.

2. L'état du moyen français Cette longue période d'instabilité politique, sociale et économique favorisait un mouvement de «relâchement linguistique».

Tout le système de l'ancien français se simplifiait. Les nombreuses diphtongues et triphtongues sont disparu, se réduisant à des voyelles simples dans la langue parlée.

Les «lettrés» de l'époque réagirent en exigeant de conserver des graphies qui ne correspondaient plus à la langue orale; seule la langue écrite conserva les traces de la prononciation de l'époque précédente dans des mots comme oiseau, peau, fou, fleur, coeur et saoul.

On eut aussi tendance à restituer des consonnes doubles disparues en ancien français (p. ex., belle pour bele d'après le latin bella, flamme pour flame d'après flamma, etc.).

Pour lutter contre les confusions dues, à l'initiale des mots, à l'alternance entre la lettre [u] et [v] dans la graphie, on ajouta un [h] initial, ce qui permit de distinguer des mots tels que huis de vis, huître de vitre, etc.

Plus tard, au XVIe siècle, on introduisit la cédille pour distinguer la lettre [c] prononcée [k] de celle [c] prononcée [s], ainsi que les accents tels que à, â, ê, ô.

L'effritement des consonnes finales (par exemple grand prononcé antérieurement gran-ntt devint gran) et la contraction des mots (serment pour serement).

La déclinaison issue du latin et réduite à deux cas en ancien français tomba également, favorisant ainsi une stabilisation de l'ordre des mots dans la phrase (sujet + verbe + complément); les prépositions et les conjonctions se développèrent beaucoup, ce qui rendit la phrase plus complexe.

Les conjugaisons verbales se régularisèrent et se simplifièrent.

L'orthographe française demeurait encore très proche du latin, même si linguistiquement le français s'en est considérablement écarté.

Les emprunts au latin devinrent tellement nombreux que les termes français parurent ensevelis sous la masse des latinismes. Un grand nombre de ces mots ne connut qu'une existence éphémère (intellectif; médicinable, suppécliter), mais d'autres réussirent à demeurer (déduction, altercation, incarcération, prémisse).

Ce vaste mouvement de latinisation (ou de relatinisation) commença au milieu du XIVe siècle et allait se poursuivre jusqu'au milieu du XVIe siècle.

Questions à répondre: Caractérisez lépoque de la reigne de Philippe le Bel Quest-ce que cest passé avec le territoire de la France après la guerre de Cent Ans? Prouvez quà lépoque du Moyen Français le système de la langue se simplifiait Caractériser le système vocalique du Moyen Français Caractériser le système cocnsonantique du Moyen Français Caractériser le système grammatical du Moyen Français

Cours 5 La Renaissance L'affirmation du français (XVIe siècle) La Renaissance L'affirmation du français (XVIe siècle)

Questions à étudier: 1. La prépondérance de l'Italie1. La prépondérance de l'Italie 2. Le français comme langue officielle? 3. Les premières descriptions du français3. Les premières descriptions du français

1. La prépondérance de l'Italie Le XVIe siècle est marqué par la prépondérance de l'Italie dans presque tous les domaines en raison de sa richesse économique, sa puissance militaire, son avance technologique et scientifique, sa suprématie culturelle, etc. Aussi, nest-il pas surprenant que les Français avaient été fascinés par ce pays et qu'ils avaient cédé а une vague d'italomanie, que la langue reflète encore aujourd'hui.

Les guerres d'Italie avaient lieu de 1494 à А l'origine, ces conflits mirent en scène le roi de France, qui voulait faire valoir ses droits sur les royaumes de Naples et du Milanais, mais on peut penser aussi que les Français étaient attirés par les richesses et la civilisation brillante d'au-dela des Alpes, alors qu'ils accusaient un net retard économique et culturel sur l'Italie, une séquelle de la guerre de Cent Ans ( ).

Les italianismes L'influence culturelle de l'Italie se reflétait nécessairement dans la langue française au moyen des emprunts.

Des milliers de mots italiens pénétraient le français, notamment des termes relatifs à la guerre (canon, alarme, escalade, cartouche, etc.), à la finance (banqueroute, crédit, trafic, etc.), aux moeurs (courtisan, disgrâce, caresse, escapade, etc.), à la peinture (coloris, profil, miniature, etc.) et à l'architecture (belvédère, appartement, balcon, chapiteau, etc.).

Tous les domaines ont été touchés: l'architecture, la peinture, la musique, la danse, les armes, la marine, la vie de cour, les institutions administratives, le système pénitencier, l'industrie financière (banques), le commerce, l'artisanat (poterie, pierres précieuses), les vêtements et les objets de toilette, le divertissement, la chasse et la fauconnerie, les sports équestres, les sciences, etc.

Une véritable invasion de quelque 8000 mots, dont environ 10 % sont utilisés encore aujourd'hui. alarme banquet brigade estamper perruque guirlande escrime escalade saccager plage banque cavalier partisan rotonde calibre plastron lustre banqueroute

Le XVIe siècle était aussi l'époque des guerres de religion, contrecoup de la réforme d'Henri VIII en Angleterre (protestantisme), de Luther en Allemagne et de Calvin en Suisse. Ces guerres étaient liées à la mentalité du temps.

2. Le français comme langue officielle? А la fin du XVe siècle, qui avait connu des conflits militaires, l'expansion du français se trouvait renforcée. А partir de 1528, le roi François Ier manifestait son intention de s'installer à Paris. Dès lors, toute une population nouvelle et influente a prit racine à Paris et propageait le «françois» du roi.

La variété populaire, le parisien (aujourd'hui le francilien), est celle des artisans, des ouvriers ou manoeuvres, des serviteurs, des petits marchands. La variété cultivée, le françoys, est celle de la religion, de la bourgeoisie, de l'enseignement, de l'administration et du droit. Ces deux variétés étaient différentes, surtout dans la prononciation et le vocabulaire, mais néanmoins intelligibles entre elles. Si le parler parisien comptait plus de locuteurs que le françoys, celui-ci demeurait plus prestigieux.

Le français commençait à simposer comme une langue diplomatique en Europe. Par exemple, si le traité des Pyrénées, conclu entre la France et lEspagne, avait été rédigé en français et en espagnol en 1659, le traité dAix -la-Chapelle de 1668, signé entre les deux mêmes pays, était rédigé uniquement en français.

Les notions de «dialecte» et de «patois» seront toujours associées à un usage «inférieur», «corrompu», «grossier», «rural», «paysan», par opposition à la «langue» françoise jugée «supérieure», «raffinée», «douce», «élégante», sinon «royale».

Les imprimeurs introduisaient des consonnes étymologiques absentes dans la graphie française, alors qu'elles n'étaient pas prononcées. le g et le t dans doi apparut pour rappeler que le mot doigt provenait du latin digitum. le p de compter (< lat. computare), le b de doubter (< lat. dubitare), le c de faict (< lat. factum), le g de congnoistre (< lat. cognoscere), le p de corps < lat. corpus) ou de temps < lat. tempus), le h de homme (< lat. homo), le b de soubdain (< lat. subitaneus), le p de sept (< lat. septem), le g de vingt (< lat. viginti), le x de paix (< lat. pax).

Un illustre humaniste de l'époque, Geoffroy Tory a proposé aussi de remplacer les lettres élidées par une apostrophe (la + apostrophe lapostrophe), ce qui n'était pas encore répandu en français. Bref, Geoffroy Tory jouait un grand rôle dans l'élaboration des signes graphiques du français.

Les doublets C'est aussi à cette époque que nous devons une augmentation importante des doublets, même si ce processus était apparu dès le début de l'ancien français.

Un doublet correspond à deux mots de même origine étymologique, dont l'un a suivi l'évolution phonétique normale, alors que l'autre a été emprunté directement au latin (parfois au grec) après quelques siècles.

Ainsi, hôtel et hôpital sont des doublets; ils proviennent tous les deux du même mot latin hospitalis, mais l'évolution phonétique a abouti à hôtel, tandis que, quelques siècles plus tard, l'emprunt a donné hospital, puis hôpital.

En français, les doublets touchent généralement des mots d'usage très courant, mais peu de termes scientifiques ou de la vie quotidienne ou familiale. C'est au XVIe siècle qu'apparaît la règle de l'accord du participe passé avec avoir. Nous la devons à Clément Marot.

3. Les premières descriptions du français Au cours du XVIe siècle, la langue française s'était considérablement enrichie et diversifiée. Les latinismes, italianismes, dialectalismes, néologismes, etc., avaient fini par accroître la masse des mots du français.

Le français était devenu une langue littéraire et un instrument acceptable pour la transmission des connaissances scientifiques. C'est а cette époque que commencent les premières grammaires et les premiers dictionnaires rédigés en France, car l'Angleterre avait précédé les Français à ce sujet.

C'est depuis Robert Estienne ( ) que les répertoires de mots sont appelés des «dictionnaires», ce mot provenant du latin médiéval dictionarium, lui-même issu de dictio signifiant «action de dire» ou «réservoir de dictions, de mots».

Robert Estienne publiait en 1539 le Dictionnaire Francoislatin contenant les motz et manieres de parler françois tournez en latin. Progressivement, les grammairiens en trouvaient une terminologie fraçaise: adjectif, conjonction, adverbe, conjugaison, terminaison, etc.

En 1550, a parut un ouvrage important de Louis Meigret (v v. 1558) : Tretté de la grammaire francoeze, fet par Louis Meigret Lionoes.

А la fin du XVIe siècle, la langue française avait beaucoup changé. L'orthographe n'était pas encore vraiment normalisée, et il était fréquent de trouver dans la même page, voire un même paragraphe, des graphies différentes pour un même mot. Le lexique s'était considérablement enrichi par l'apport massif de mots savants empruntés directement du latin.

Questions à répondre: Présentez le XVI siècle du point de vue du dévéloppement de la langue Parlez de linfluence de lItalie Quelle est la date de linstoration du français comme une langue officielle? Quelles sont les changements de la graphie? Quel est le premier dictionnaire de la langue française? Qui est son auteur?

Cours 6. Le français au Grand Siècle ( ) Le français au Grand Siècle ( )

Questions à étudier: 1. Le français s'impose 2. Une langue de classe 3. Le siècle des «professionnels de la langue» 3. Le siècle des «professionnels de la langue» 4. Létat de la langue 5. Une langue internationale

Le français moderne est né à l'époque du Grand Siècle, qui connait une longue période de stabilité sociale et de prospérité économique et a permit à la France d'atteindre un prestige jusqu'alors inégalé dans les domaines politique, littéraire et artistique.

La France était, au XVIIe siècle, la plus grande puissance démographique et militaire de l'Europe; de plus, le pays était gouverné avec autorité par des fortes personnalités: Henri IV, puis Richelieu, Mazarin et Louis XIV, qui domina son époque pendant plus de cinquante ans.

1. Le français s'impose Imposé par les souverains de France, le français était dorénavant considéré à égalité avec ce qu'on croyait etre alors comme les trois «langues du bon Dieu»: l'hébreu, le grec et le latin.

Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'on a découvert la famille indo-européenne et les racines du latin et du grec, lesquels n'ont rien en commun avec l'hébreu, une langue sémitique comme l'arabe.

Dans les faits, l'usage du français pour les actes publics était imposé en 1621 pour le Béarn, en 1684 pour la Flandre, en 1685 pour l'Alsace et en 1700 pour le Roussillon. Les langues régionales de France ont perdu tout prestige dans le Nord, sans disparaitre pour autant, mais les élites locales ont passé toutes au français, et l'aristocratie du Sud a fait aussi des efforts en ce sens.

2. Une langue de classe А cette époque, le français n'était encore qu'une langue de classe sociale, sauf au Canada et en Acadie où le français était la langue usuelle de presque toute la population blanche.

En France, c'était une langue officielle, essentiellement courtisane, aristocratique et bourgeoise, littéraire et académique, parlée peut-etre par moins d'un million de Français sur une population totale de 20 millions. Les nobles comptaient environ 4000 personnes à la cour, le reste étant constitué de bourgeois.

La langue littéraire de cette époque semblait moins une entreprise individuelle qu'une oeuvre collective, amorcée par Malherbe, puis poursuivie par une élite aristocratique et bourgeoise au sein de laquelle les grammairiens avaient le premier rôle. Tous ces gens faisaient de la langue française une forme d'art qu'ils ont imposé à la société cultivée de Paris.

Cétait aussi l'époque des «précieuses» ou de la préciosité, qui est devenue surtout l'affaire des dames. Molière a popularisé ce mouvement dans sa pièce Les Précieuses ridicules de 1659.

L'un des principes des précieuses était de désigner des réalités quotidiennes en les nommant autrement. Par exemple: le nez devenait les écluses du cerveau, les seins les coussinets d'amour, le chapeau l'affronteur des temps; etre en couches devenait sentir les contrecoups de l'amour permis.

Les précieuses ont aussi créé des mots nouveaux dont certains ont disparu débrutaliser, importamment, soupireur, etc. Mais d'autres ont survécu: s'encanailler, féliciter, s'enthousiasmer, bravoure, anonyme, incontestable, pommade, etc.

Autrement dit, l'apport des précieuses ne doit pas etre considéré comme négligeable pour l'histoire de la langue française.

3. Le siècle des «professionnels de la langue» En ce siècle d'organisation autoritaire et centralisée, ce sont les grammairiens qui ont façonné la langue à leur goût. Les «professionnels de la langue» de l'époque préconisaient l'usage d'un vocabulaire «choisi» et «élégant», tous préoccupés d'épurer la langue par crainte de la corruption.

Claude Fabre de Vaugelas ( ), le plus célèbre de tous les grammairiens. Celui-ci a publié en 1647 les Remarques sur la langue française.

L'Académie française, fondée en 1635 par Richelieu, continuait de veiller à la «pureté de la langue» et a publié la première édition de son dictionnaire en 1694, avec quelque entrées. Le frontispice du Dictionnaire de l'Académie françoise symbolisait bien l'alliance du pouvoir politique et du pouvoir culturel, car l'ouvrage était «dédié au roy».

Suivant l'idéologie pronée par la Grand Siècle, le dictionnaire de l'Académie épurait le vocabulaire pour n'inclure que les termes permis à l'«honnete homme» et nettoyait la langue des ordures qui la menaçaient tout en s'appuyant sur la tradition du «bon usage» de Vaugelas.

4. Létat de la langue Meme si la langue écrite de cette époque faisait partie du français moderne du fait que les textes nous sont directement accessibles sans traduction, l'état de la prononciation aristocratique n'était pas encore celui d'aujourd'hui.

Le féminin des participes était identifiable dans la langue parlée: aimée au féminin se prononçait avec un [é] allongé, alors que le [é] du masculin aimé était bref; l'infinitif aimer avait un [é] encore plus allongé. De plus, la chute des consonnes finales se poursuivait: mouchoi, plaisi, couri, ifaut, i(l)s ont [izont], not(r) [not] constituaient la norme plutot que mouchoir, plaisir, courir, il faut, ils ont, notre [notre], qui faisaient «peuple» et «bas». De meme, on supprimait les «e» inaccentués dans des mots comme désir, désert, secret, prononcés [dzir], [dzèr], [skrè].

Un autre phénomène concerne la prononciation: - les mots en -oi étaient prononcés [wé] ou [wè]. - on prononçait [mwé] (moi), [twé] (toi), [rwé] (roi), mais [krwèr] pour croire, [bwèr] pour boire, [franswè] pour le prénom François et le nom français (écrit françois) et [franswиse] dans langue françoise. Ainsi, la langue française de l'Académie se distinguait alors de l'horrible prononciation vulgaire (celle du peuple), qui était passée au [wa] que nous avons maintenant dans roi (plutot que rwé) conservée comme archaisme phonétique régional.

Le français normalisé : à pas de tortue Cette langue française choisie et parlée par l'élite appelé «français du roy» pénétrait à pas de tortue dans les parlers du français populaire, car le peuple ignorait tout des règles d'ordre, de pureté, d'élégance et d'harmonie.

On pourrait préciser la situation linguistique en disant que la langue du peuple se partageait alors en trois catégories de locuteurs: les locuteurs dits «francisants», les locuteurs «semi-patoisants» et les locuteurs «patoisants».

Les francisants Ces parlers avaient leur centre à Paris et dans la région environnante, mais ils étaient aussi employés dans la plupart des villes du Nord. Par exemple, on entendrait Piarre au lieu de Pierre, plaisi au lieu de plaisir, la tab au lieu de la table, al pour elle, a m'verrв pus pour elle ne m'verra plus, quéqu'un pour quelqu'un, quéque chose pour quelque chose, etc.

Les semi-patoisants Les semi-patoisants se retrouvaient principalement dans les régions d'oїl du nord de la France: la Normandie, la Champagne, la Picardie, la Loire, le Poitou, la Bourgogne. Ils vivaient surtout dans les villes ou à la périphérie des villes, car le patois local demeurait la règle à la campagne.Normandie, la Champagne, la Picardie, la Loire, le Poitou, la Bourgogne

Les patoisants Dans les campagnes, on ne retrouvait que des patoisants unilingues qui navaient aucune connaissance active ou passive du français. Cependant, les cartes linguistiques habituelles, comme celle de Mikael Parvall, ne donnent qu'une faible idée des très nombreux «patois» de l'époque (au moins plusieurs centaines).

5. Une langue internationale Pendant ce temps-lа, en 1714, lors du traité de Rastadt, le français «officiel» était employé pour la première fois dans la rédaction d'un document juridique international, et il demeurera la langue diplomatique jusqu'à la guerre de

C'est cette langue aristocratique qui était parlée dans presque toutes les chancelleries de l'Europe et employée comme langue pour les tractations diplomatiques; elle avait détroné le latin, meme si celui-ci demeurait encore d'usage courant. L'extension de la langue «françoise» (toujours prononcer [franswиz]) était alors considérable, en raison des conquetes royales et de l'exode des protestants (huguenots) hors de France.

Cette langue était particulièrement diffusée en Angleterre et aux Pays-Bas, mais aussi en Allemagne, en Suisse, en Italie, dans les pays scandinaves (Danemark et Norvège), en Hongrie, en Pologne, en Russie tsariste et jusque dans les Amériques (Canada, Acadie, Louisiane, Antilles).

En fait, il n'était pas une cour allemande ou italienne, où l'on ne trouvait pas des Français ministres, ingénieurs, fonctionnaires, chambellans, maitres de ballet, académiciens, peintres ou architectes.

Cette période relativement glorieuse pour la France a connu, comme bien d'autres, ses préjugés, ses réussites et ses limites. Le Grand Siècle a permis au français de s'imposer de manière incontournable en France et dans ses nouvelles colonies. Bien que l'époque n'ait pas apporté de grandes nouveautés dans la langue, elle l'a consolidée dans ses acquis politiques, sociaux et culturels.

Cependant, l'idée qu'on se faisait de la langue française était nettement surestimée, et l'histoire sera lа pour le confirmer. On peut faire remarquer aussi que personne à l'époque ne semble s'etre beaucoup préoccupé de la question de l'orthographe, un domaine totalement négligé et laissé à l'initiative personnelle. Bref, les contemporains du Grand Siècle n'ont rien inventé.

Questions à répondre: Décrivez le role de lAcadémie Française pour le dévéloppement de la langue Caractérisez le Dictionnaire de lAcadémie Française Caractérisez la prononciation de lépoque du Grand Siècle Présisez la différence entre les locuteurs dits «francisants», «semi-patoisants» et «patoisants».

Cours 7 Le français au siècle des Lumières ( ) Le français au siècle des Lumières ( )

Questions à étudier: 1 Le développement du français en France 1 Le développement du français en France 2 L'obstruction de l'école 3 L'amorce des changements linguistiques 3 L'amorce des changements linguistiques 4 La «gallomanie» dans l'Europe aristocratique et le début de langlomanie 4 La «gallomanie» dans l'Europe aristocratique et le début de langlomanie

Le siècle des Lumières débutait en principe au lendemain de la mort de Louis XIV, en 1715, et prit fin à lavènement de la Révolution française en Cette période se caractérise, d'une part, par un fort mouvement de remise en question ainsi que par l'établissement d'une plus grande tolérance et, d'autre part, par l'affaiblissement de la monarchie, suivi de la fin de la suprématie française en Europe et du début de la prépondérance anglaise. Des personnalités comme Voltaire, J.-J. Rousseau, B. Franklin ont certainement marqué leur époque de meme que Frédéric II de Prusse, Lavoisier, Diderot et Goethe.

1. Le développement du français en France Au milieu du XVIIIe siècle, le peuple francisant ne parlait pas «la langue du roy», mais un français populaire non normalisé, encore parsemé de provincialismes et d'expressions argotiques.

Seules les provinces de l'Ile-de-France, de la Champagne, de la Beauce, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine et du Berry étaient résolument francisantes. Par contre, la plupart des gens du peuple qui habitaient la Normandie, la Lorraine, le Poitou et la Bourgogne étaient des semi-patoisants; les habitants de ces provinces pratiquaient une sorte de bilinguisme: ils parlaient entre eux leur patois, mais comprenaient le français.

Dans le midi de la France, les patois constituaient encore l'unique usage normal dans les campagnes durant tout le XVIIIe siècle. En effet, nobles et bourgeois, initiés au français durant le siècle précédent, continuaient d'employer leur patois dans leurs relations quotidiennes Pour eux, le français restait la «langue du dimanche». La situation était identique en Bretagne et en Flandre, dans le nord-est, ainsi qu'en Alsace et en Franche-Comté, dans l'est. en Bretagne et en Flandre, dans le nord-est, ainsi qu'en Alsace et en Franche-Comté, dans l'est

Il est vrai que le «bon» français avait progressé au cours du XVIIIe siècle, notamment dans les pays d'oil, en raison, entre autres, de la qualité, assez exceptionnelle pour l'époque, du réseau routier en France.

2. L'obstruction de l'école L'école était l'un des grands obstacles à la diffusion du français. L'état et l'église estimaient que l'instruction était non seulement inutile pour le peuple, mais meme dangereuse.

Dans l'esprit de l'époque, il paraissait plus utile d'apprendre aux paysans comment obtenir un bon rendement de la terre ou comment manier le rabot et la lime que de les envoyer à l'école. Pour l'église, le désir de conquérir des ames à Dieu ne passait pas par le français; au contraire, le français était considéré comme une barrière à la propagation de la foi, et il fallait plutot s'en tenir aux patois intelligibles au peuple. Sermons, instructions, confessions, exercices de toutes sortes, catéchismes et prières devaient etre prononcés ou appris en patois.

3. L'amorce des changements linguistiques La norme linguistique commençait à changer de référence sociale. On passait de «la plus saine partie de la Cour» de Vaugelas aux «honnetes gens de la nation».

L'usage des écrivains du XVIIIe siècle ne montrait pas de changements par rapport au XVIIe siècle, mais la phrase (syntaxe) s'allégeait encore. Peu de modifications sont apparu également au plan de la prononciation, à l'exception de la restitution des consonnes finales dans des mots comme finir, tiroir, il faut, etc., remises à l'honneur grace à l'écrit.

Dans l'orthographe, c'est à partir de 1740 que l'actuel accent aigu était systématiquement utilisé en lieu et place de la graphie es-, par exemple dans dépit (ancienne graphie : despit).

De plus, l'infiltration étrangère se mit à déferler sur la France; la langue s'enrichit de mots italiens, espagnols et allemands, mais cet apport ne saurait se comparer à la «rage» pour tout ce qui était anglais: la politique, les institutions, la mode, la cuisine, le commerce et le sport fournissent le plus fort contingent d'anglicismes.

4. La «gallomanie» dans l'Europe aristocratique et le début de langlomanie Le français, qui va devenir avec la Révolution la «langue de la nation», n'était encore que la langue du roi, c'est-à-dire celle des classes privilégiées et riches.

Cette variété de français ne touchait pas seulement l'élite de France: elle avait saisi l'ensemble de l'Europe aristocratique. Au XVIIIe siècle, un aristocrate qui se respectait se devait de parler le français et c'était presque une honte que de l'ignorer.

Ce sont les Anglais qui ont inventé le mot gallomanie – du latin Gallus («Gaulois») et manie, ce qui signifie «tendance à admirer aveuglément tout ce qui est français» – pour identifier cette mode qui avait saisi l'Europe aristocratique.

L'avènement du parlementarisme anglais suscitait beaucoup d'intéret en France encore aux prises avec la monarchie absolue. Des «philosophes» français, tels Montesquieu ( ) et Voltaire ( ), se rendaient en Angleterre et revenaient dans leur pays en propageant de nouveaux mots.

C'est à cette époque que le français empruntait de l'anglais les mots motion, vote, session, jury, pair, budget (< ancien français: bougette «petit sac»), verdict, veto, contredanse (< country-dance), partenaire (< partner), paquebot (< packet-boat), rosbif, gigue, etc.

Dans ces conditions, le français ne pouvait prendre que du recul, d'abord en Amérique, puis en Europe et ailleurs dans le monde. Certes, le français continuerait d'etre utilisé au Canada et en Louisiane, mais il régresserait sans cesse au profit de l'anglais. Au milieu du XVIIIe siècle, l'anglomanie commençait en Europe et allait reléguer le français en seconde place.

Le français demeurait, durant un certain temps encore, par-delà les nationalités, une langue de classe à laquelle toute l'Europe aristocratique s'était identifiée. Cette société privilégiée restera figée de stupeur lorsque éclatera la Révolution française, qui mettra fin à lEurope francisante.

Questions à répondre: Enumérez les provinces francisantes. Parlez du rôle des patois. Quel est le plus grand obstacle à la diffusion du français. Parlez du dévéloppement de lorthographe. Quest-ce que signifie le terme « gallomanie »? Donnez des exemples des emprunts d langlais.

Cours 8 La Révolution française: la langue nationale ( ) La Révolution française: la langue nationale ( )

Questions à étudier: 1 La guerre aux «patois» sous la Révolution ( ) 1 La guerre aux «patois» sous la Révolution ( ) 2 La langue française 3 Les difficultés de la francisation

La période en fut une d'agitation et de changement de régimes. Elle marquait aussi le triomphe de la bourgeoisie, qui s'installait au pouvoir. Cette période d'instabilité a commencé avec la Révolution et le français est devenu aussitot «la langue de la Révolution française».

Après le règne quasi militaire de Napoléon, cétait le retour à la monarchie (la Restauration) qui, cette fois, était établie sur des bases constitutionnelles. Puis cétait la IIe République, suivie d'une autre dictature du Second Empire avec Napoléon III. La France se stabilisait avec la proclamation de la IIIe République en 1870.

1.La guerre aux «patois» sous la Révolution ( ) La terreur linguistique

А partir de 1793, les révolutionnaires sattribuaient le droit d'éliminer leurs concitoyens au nom du progrès pour lhumanité. Cétait la politique soumise au principe de la fin justifiant les moyens.

Un discours se développait dans lequel le terme langue restait l'apanage exclusif du français appelé «notre langue». Tout ce qui n'est pas français devait s'appeler patois ou idiomes féodaux. La Révolution a fait tout pour s'approprier les symboles de l'unité nationale.

2. La langue française La Révolution française a apporté de nouveaux mots et des significations nouvelles pour rendre compte d'un «monde nouveau».

Les mots patrie, nation, peuple, fraternité, etc., ont fait l'objet de connotations quasi religieuses. Les appellations de Monsieur/Madame, étaient remplacées par citoyen/citoyenne.

Le calendrier. Le calendrier républicain était l'oeuvre du poète François Fabre d'Eglantine

Les jours ne sont plus consacrés à des saints, mais à des produits du terroir : raisin, safran, châtaigne, tourbe, chien, radis, chиvre, abeille, topinambour, potiron, sarcloir, etc.

Les semaines étaient portées à dix jours (primidi, duodi, tridi, etc.) et prenaient le nom de décades. Les mois, encore de trente jours, recevaient des noms évoquant des saisons : vendémiaire, brumaire, frimaire, nivose, pluviose, ventose, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor.

La toponymie et les prénoms Les noms de lieux faisaient l'objet d'une révision en profondeur. Les dénominations contenant les mots «saint», «roi», «comte», noms de nobles, etc., étaient abolies et remplacées par des noms de vertus (ex. liberté) ou des héros révolutionnaires (ex. Marat).

Ancienne dénominationNouvelle dénomination révolutionnaire Grenoble Montmartre Mont-Saint-Michel Saint-Etienne Versailles Grelibre Mont-Marat Mont-Michel Libre-Ville Berceau-de-la-Liberté

Des prénoms tels que Pierre, Marie, Jean, etc., jugés trop chrétiens, devaient etre remplacés par Brutus, Marat, Messidor, Rose, Horace, Rossignol, Violette, Prune, Mucius, Lucrиce, César, Germinal, Noizette, Cerisier, Libérathe, Fraize, Fromentine, etc.

3. Les difficultés de la francisation Outre les résistances, la sécularisation des lieux ecclésiastiques entrainait la disparition de la plupart des écoles, alors que l'Etat n'avait pas les moyens de les remplacer.

Vers une langue française nationale. Malgré le mouvement de conservatisme du Premier Empire, le français progressait; tout d'abord par la très grande centralisation, ensuite par les guerres qui entrainaient d'immenses brassages de population. La langue française était celle de toute la nation, bien qu'un bilinguisme patois-français se maintenait, surtout dans le Sud.

Les «dialectes germaniques» étaient parlés en Alsace et en Lorraine (ce qui comprend le luxembourgeois au duché de Luxembourg devenu le «département des Forets»), les «parlers flamands» dans le nord de la France, le breton en Basse- Bretagne, le basque au nord de l'Espagne, le catalan dans les environs de Perpignan, les «dialectes italiens» dans la région de Nice et en Corse.

Le français régional en France Mais le français régional, quel qu'il soit, était trиs mal perçu par les bien-pensants parisiens. Les mots corruption, grossiиreté, archaisme, jargon, barbarisme, etc., sont les plus souvent cités.

Le français dans les colonies Enfin, la colonisation française allait s'étendre au Maghreb, en Afrique noire, à Madagascar, en Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge et Laos) et dans le Pacifique (Nouvelle- Calédonie, Polynésie, Wallis-et-Futuna, Vanuatu). Le français faisait, bien sur, partie de la catégorie des langues «supérieures».

Lenrichissement du vocabulaire Cette période agitée, constamment partagée entre le conservatisme et le libéralisme, se poursuivait encore après la révolte populaire de 1848 qui a proclamé la IIe République.

Les deux dernières décennies ont surtout été bénéfiques pour lenrichissement du vocabulaire. L'oppression intellectuelle du Second Empire favorisait un vigoureux brassage idéologique des mouvements d'opposition; le vocabulaire libéral, socialiste, communiste, voire anarchiste, gagnait la classe ouvrière. Les applications pratiques des découvertes en sciences naturelles, en physique, en chimie et en médecine apportaient beaucoup de mots nouveaux nécessaires à tout le monde.

De nouvelles sciences sont apparu, avec leur lexique: l'archéologie, la paléontologie, lethnographie, la zoologie, la linguistique, etc. Les ouvrages de vulgarisation, les journaux, les revues et, une nouveauté, la publicité, diffusaient partout les néologismes. Littré et Larousse consignaient chacun ces nouveautés dans leur dictionnaire.

А la fin du Second Empire, le français concernait tout le monde en France. Meme si l'unité linguistique n'était pas encore réalisée complètement, elle était devenue irréversible et imminente, car les jeunes s'exprimaient de moins en moins en patois.

Phénomène significatif, le parler local des patoisants était envahi par les mots du français moderne. Mais, à partir de ce moment, c'est l'anglais qui viendrait concurrencer le français et lui apporter les nouveautés qui rendent une langue vivante.

Questions à répondre: Parlez du calendrier révolutionnaire. Comparez les dénominations anciennes et nouvelles révolutionnaires des toponymes et antroponymes. Comparez le français régional en France avec celui dans les colnies. Présentez le vocabulaire de la langue française au cours de la révolution.

Cours 9 Le français contemporain Le français contemporain

Questions à étudier: 1. Le rôle de l'Instruction publique dans l'apprentissage du français 1. Le rôle de l'Instruction publique dans l'apprentissage du français 2. La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires 2. La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires 3. Les changements phonétiques et grammaticales 3. Les changements phonétiques et grammaticales 4. Lorthographe française 5. Le français dans les organisations internationales 5. Le français dans les organisations internationales 6. Lhégémonie de langlais dans les sciences

А la fin du XIXe siècle, le français est à peu près tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Le XXe siècle a vu l'enseignement du français se poursuivre dans les anciennes colonies françaises, que ce soit l'Afrique ou les DOM-TOM, mais ou le français est une langue seconde. Dans toutes ces régions hors de France, le français doit sa présence à l'histoire, c'est-à-dire à la colonisation.

L'internationalisation du français entraine forcément une réduction de la mainmise sur la langue française de la part de la France. Désormais, le français n'appartient plus seulement à la France, surtout depuis l'affirmation identitaire qui a gagné la Belgique francophone, la Suisse romande, le Québec, le Nouveau-Brunswick (Acadie) et même la Louisiane.

1. Le rôle de l'Instruction publique dans l'apprentissage du français Avec l'adoption de la loi Ferry, qui instituait la gratuité de l'école primaire (1881) et rendait obligatoire (1882) l'enseignement primaire ainsi que la laicisation des programmes scolaires, le français s'est imposé finalement sur tout le territoire de la France et sest démocratisé.

Tout au cours du XXe siècle et jusque dans les années 1960, les gouvernements ont adopté pas moins de 40 lois concernant surtout l'enseignement, la presse, l'administration et l'orthographe.

Au début du siècle, comme la francisation nallait pas assez vite au gré du ministère de léducation nationale, les autorités suggéraient fortement de faire nommer des instituteurs qui ignoraient tout des parlers locaux.

Cette déclaration de la part de M. Dosimont, inspecteur d'académie en 1897, parait, par exemple, très catégorique: «Un principe qui ne saurait jamais fléchir : pas un mot de breton en classe ni dans la cour de récréation.»

2. La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires Les patois français ont changé de nom et, depuis l'Union européenne, ils sont devenus des «langues régionales» en France, mais non pas encore des «langues minoritaires».

La persistance du discours anti-patois. Le discours anti-patois est toujours resté très profond chez les dirigeants politiques français contemporains. En France, tout enseignement des langues régionales est considéré comme facultatif, jamais obligatoire, et il n'est surtout pas question de les enseigner aux «francophones».

Les droits des langues régionales. Après la signature de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, un communiqué du premier ministre précisait que la France souscrivait à 39 engagements parmi les 98 proposés par la Charte. Lors de sa déclaration consignée du 7 mai 1999, le gouvernement français a justifié sa signature en prenant dinfinies précautions, notamment au sujet des notions de «protection de minorités» et de «droits collectifs».

Cependant, M. Sarkozy s'est dit «favorable à ce que le droit des parents à inscrire leurs enfants dans une classe bilingue français + langue régionale soit reconnu, dès lors que la demande est suffisante.»

Un enseignement bilingue à la maternelle et au primaire serait «possible» pour les élèves dont les familles le demandent et dont le nombre est jugé suffisant, mais il ne pourrait etre imposé. Evidemment qu'aucune minorité n'est opprimée, car juridiquement la notion de «minorité» n'existe pas en France!

3. Les changements phonétiques et grammaticales Lorsqu'on compare le français du XIXe siècle et celui d'aujourd'hui, force est de constater qu'il existe un certain nombre de changements, meme s'ils paraissent mineurs par rapport au XVIIIe siècle.

La phonétique. Au point de vue phonétique, nous pouvons constater dans le nord de la France une réduction, voire la quasi-disparition, des distinctions entre la voyelle [a] antérieure et brève dans patte et la voyelle postérieure et longue dans pвte, sauf au Québec et hors de France (les anciennes colonies) ou cette différence se maintient.

De meme, nous pouvons noter une différence mineure entre la voyelle orale [un] dans brun et la nasale [in] dans brin au profit de la dernière. Il est donc possible qu'un jour on assiste à des réductions dans les autres nasales [an] dans banc et [on] dans bon.

On remarque aussi des influences notables de la graphie sur la prononciation. Par exemple, des consonnes qui n'étaient pas prononcées il y a plusieurs décennies ont tendance aujourd'hui à etre prononcées: dompter [don-té], moeurs [meur], aout [ou] et cassis [kasi] ont tendance à devenir [domp- té], [meurss], aout [outt] et [kasiss].

La grammaire et la conjugaison. Certaines tendances sont les plus fréquentes. Si le passé simple s'est bien maintenu dans la narration écrite, il est pratiquement disparu dans la langue orale. Des formes telles nous fumes, nous connumes, etc., sont perçues comme nettement exagérées. C'est encore plus évident avec l'imparfait du subjonctif dans que nous arrivassions, que vous vous reposassiez, etc., ou avec le plus- que-parfait dans que nous nous fussions reposés ou que nous eussions fini.

On s'attend à voir à l'écrit «les fautes qu'il a faites», mais à l'oral la tendance est nettement au non-accord: «les fautes qu'il a fait». Beaucoup de francophones hésitent entre l'auxiliaire avoir et etre dans «je suis tombé» et «j'ai tombé», «il a tombé» et «il est tombé», etc.

Le futur se fait généralement en ajoutant -era, -ira ou -ra dans il mange/il mangera, il finit/il finira. La langue orale a tendance à préférer le futur proche dans il va manger et il va finir ou j'vais y aller.

Mais lorsque la négation est utilisée, le retour au futur normal est quasi systématique: il ne mangera pas, il ne finira pas et j'irai pas. On n'entend plus rarement il ne va pas manger, il ne va pas finir ou je n'vais pas y aller, une question d'économie de moyens. Quant à la négation elle-meme, le ne... a aussi tendance à disparaitre à l'oral dans il mange pas ou il finit pas.

La féminisation des noms de métiers et professions. А la fin du XXe siècle, la féminisation des noms de métiers et professions a soulevé une autre controverse. Cette autre réforme a commencé à entrer dans les moeurs françaises avec la décision du ministиre de l'Education nationale d'appeler désormais au féminin les noms de métiers et professions exercés par des femmes relevant de son autorité.

Ainsi, toute femme employée dans le ministère, sera appelée une inspectrice, une doyenne, une maîtresse de conférence, une professeur agrégée, une chef de service. Or, en France, la féminisation des noms de métiers, de grades ou de fonctions sest toujours heurtée à de fortes oppositions, notamment de la part de l'Académie française qui décide officiellement de ce qui est conformé à la langue.

4. Lorthographe française Lenseignement de la langue française manifeste encore aujourd'hui des signes de conservatisme inévitables dans la mesure ou les réformes de l'orthographe ont toutes avorté, et ce, depuis plus de deux siècles: larchaisme et la complexité du système restent intacts.

Lannée a été justement marquée par ce quon a appelé en France «la réforme de lorthographe». Réfléchir à des modifications modérées de l'orthographe en vue d'harmoniser les orthographes hésitantes (plusieurs milliers de mots dans cette situation) et de simplifier le système d'accentuation.

Des ouvrages de référence tels que Le Bon Usage, le Dictionnaire de l'Académie, le Dictionnaire Hachette, etc., font état de ces rectifications; le Petit Larousse et le Petit Robert n'ont, jusqu'ici, adopté qu'une partie des rectifications proposées. On ne parle plus de «réforme», mais de simples «rectifications».

Mais l'orthographe française continuera, selon l'expression du linguiste Pierre Encrevé, d'etre «l'instrument d'humiliation favori de l'école française, premier lieu du controle social».

5. Le français dans les organisations internationales Il existe plusieurs volets au caractère international de la langue française. Il sagit dabord de lorganisation la plus prestigieuse, lONU, et des organisations non gouvernementales (ONG) et de la Francophonie. Ce dernier volet constitue une partie distincte quon peut consulter sous le nom de Francophonie.Francophonie

Les organismes des Nations unies ou le français est lune des langues officielles et lune des langues de travail sont: - Assemblée générale, New York; - Conseil de sécurité, New York; - Conseil économique et social, Genève; - Conseil de tutelle, New York; - Cour internationale de Justice, La Haye; - Secrétariat, New York.

Les organisations internationales sont: Commission des Communautés économiques européennes (CEE), Bruxelles; Union de l'Europe occidentale (UEO), Londres; Conseil de l'Europe, Strasbourg; Commission du Pacifique Sud, Nouméa; Office central des transports internationaux ferroviaires (OCTIF), Berne; Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Londres; Organisation internationale de police criminelle (OIPC-INTERPOL), Lyon et autres.

6. Lhégémonie de langlais dans les sciences Jusqu'au XXe siècle, les mots anglais empruntés par le français ne sétaient jamais imposés par doses massives, bien au contraire.

L'apport anglais est récent dans l'histoire du français. On peut meme dire que, jusqu'au XVIIe siècle, l'influence anglaise a été insignifiante: 8 mots au XIIe siècle, 2 au XIIIe, 11 au XIVe, 6 au XVe, 14 au XVIe, puis 67 au XVIIe, 134 au XVIIIe, 377 au XIXe et au XXe siècle.

Tous les emprunts antérieurs au XVIIIe siècle ont été intégrés au français de telle sorte que l'on ne les perçoit plus de nos jours comme des mots anglais: est (< east), nord (<north), ouest (<west), sud (<south), paletot (<paltok), rade (<rad), contredanse (<country-dance), pingouin (<pinguyn)

C'est vers le milieu du XVIIIe siècle que l'influence de l'anglais a commencé à se faire sentir. Les mots concernent le commerce maritime, les voyages exotiques et coloniaux, les moeurs britanniques, les institutions parlementaires et judiciaires.

Dès le milieu du XXe siècle, les Etats- Unis ont relayé la Grande-Bretagne et ont inondé de leurs mots le cinéma, les produits industriels, le commerce, le sport, l'industrie pétrolière, l'informatique et а peu près tout le vaste domaine des sciences et de la technologie américaine.

En 1965, le linguiste Pierre Guiraud dénombrait 700 mots anglais passés au français depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Outre le fait que le calcul restait surement en deça de la réalité, le nombre des emprunts à l'anglais s'est multiplié depuis ce temps – au moins 2500.

Le français contemporain est le résultat d'une évolution divergente. D'une part, lorthographe, la syntaxe fondamentale et la morphologie n'ont guère changé depuis deux siècles, probablement parce que les usagers n'en ont pas ressenti le besoin.

D'autre part, la phonétique et le lexique ont subi de profondes transformations, alors que les différences phonologiques ont encore tendance à se réduire depuis le début du siècle, le vocabulaire est devenu de plus en plus complexe.

Mais aujourd'hui, maintenant que le français comme langue maternelle n'a jamais été aussi vivant, il doit relever le défi de hausser son statut comme langue seconde sur le plan international et faire face à la concurrence étrangère, principalement langlais.

Questions à répondre: Caractérisez le statut du français à la fin du XX siècle. Quel est le rôle de la Charte européenne pour le dévéloppement du français? Caractérisez le système grammatical du français à la fin du XX siècle. Caractérisez le système phonétique du français à la fin du XX siècle. Caractérisez lorthographe du français à la fin du XX siècle. Langlais joue-t-il le rôle dominant au XX siècle?